Aider les enfants à gérer l'anxiété liée à l'école – conseils pour les parents et les enfants de tous âges
C'est à nouveau cette période de l'année où les familles commencent à préparer leurs enfants pour la rentrée scolaire. De la maternelle au secondaire, certains enfants attendent avec impatience de rencontrer un nouvel enseignant, de revoir leurs amis et de découvrir de nouvelles matières. En tant que parent, vous pouvez éprouver des sentiments mitigés à l'idée que votre enfant reprenne le chemin de l'école. De même, votre enfant peut ressentir la même chose.
Pour certains élèves, l’école peut être source de crainte ou d’anxiété à l’idée de l’incertitude que représente l’année à venir.
En raison de toutes les émotions ou du stress qu’ils ressentent, les enfants et les adolescents peuvent réagir de différentes manières selon leur âge et leur stade de développement :
Sautes d’humeur, colère et irritabilité;
Inquiétudes, peurs ou panique excessives;
Crises de colère, jets d’objets, coups;
Provocation ou opposition accrue;
Facilité à se sentir blessé et à pleurer;
Tristesse ou manque d’intérêt;
Retrait vis-à-vis des amis, de la famille et des activités qu’ils apprécient habituellement;
Besoin accru d’affection ou de réconfort;
Manque de motivation ou de concentration dans le travail scolaire, ou refus d’aller à l’école;
Maux de tête, tensions musculaires, maux d’estomac;
Baisse d’énergie, troubles du sommeil et changements d’appétit;
Consommation accrue de substances ou de médicaments;
Inquiétudes et craintes excessives concernant sa propre sécurité et celle des autres;
Mentions fréquentes de la mort ou du fait de mourir.
Se lancer dans l’inconnu peut être effrayant, surtout lorsque certaines choses semblent échapper à notre contrôle. Vous n’êtes pas seul. Beaucoup s’efforcent de rendre cette transition aussi harmonieuse que possible. Alors, pourquoi cela arrive-t-il à certains élèves et pas à d’autres?
Les expériences passées peuvent être source de nervosité, mais de nombreux enfants ont un trait de caractère héréditaire qui les rend prudents et inquiets face à de nouvelles situations. Le cerveau peut penser qu’il y a un danger et déclencher la réaction de « combat, fuite ou figement ». Cette réaction vise avant tout à assurer l’autoprotection; les parents peuvent donc mettre en œuvre de nombreuses mesures pour aider leurs enfants à gérer leurs inquiétudes liées à l’école. On pourrait croire qu’une « approche rigoureuse » serait utile, mais en réalité, elle peut aggraver la situation.
Il est important de reconnaître que l’anxiété et le stress sous-jacents peuvent avoir des répercussions sur les comportements, notamment la socialisation, et réduire la capacité de l’enfant à se concentrer à l’école et à apprendre. Aider les enfants à surmonter le « trac de la rentrée » et à réussir à l’école demande de la patience, du dialogue, de la préparation et de la compréhension. Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants lorsqu’ils s’inquiètent à propos de l’école?
Nous souhaitons vous proposer quelques conseils et ressources destinés aux parents et aux enfants afin d’aider à apaiser certaines craintes de votre enfant alors qu’il entame la transition vers une nouvelle année scolaire.
Conseils aux parents :
Ayez une conversation ouverte sur la façon dont votre enfant pourrait vivre cette année scolaire. Écoutez sans porter de jugement et soyez disponible émotionnellement pour votre enfant. Répondez à ses questions du mieux que vous pouvez ou aidez-le à résoudre ses problèmes et à trouver des réponses ou des solutions par lui-même. -
Offrez à vos enfants des occasions, adaptées à leur âge, de faire des choix, afin de leur procurer un sentiment de sécurité et de maîtrise. Cherchez ensemble des solutions. Essayez de réfléchir en famille ou en groupe, ou en tête-à-tête avec votre enfant. Vous serez surpris par les solutions que les enfants imaginent pour résoudre leurs problèmes, des solutions qui correspondent parfaitement à leur situation. -
Après l’école, demandez aux enfants comment ça se passe, mais attendez-vous à la réponse habituelle : « Hum… ça va. » Pour repérer les inquiétudes cachées, comme le harcèlement ou les problèmes de socialisation qui sont source de détresse, posez des questions ouvertes auxquelles on ne peut pas répondre par « oui », « non » ou « ça va ». -
Encouragez votre enfant à partager ses pensées et ses sentiments, y compris ses inquiétudes et ses peurs. Respectez les inquiétudes de votre enfant, même si vous pensez qu’elles sont irrationnelles. Rassurez votre enfant en lui expliquant que de nombreux élèves sont nerveux avant la rentrée. Insistez sur ce qu’il a bien réussi par le passé : comment il a pu s’adapter à une nouvelle école, se faire un nouvel ami ou avoir un enseignant formidable. -
Encouragez votre enfant à adopter un discours intérieur positif. Même lorsque les enfants sont anxieux ou inquiets, ils peuvent se dire, par exemple :
« C’est normal d’avoir peur » ou
« Je vais m’en sortir ».
« Tout le monde est un peu nerveux dans cette classe. »
« J’étais nerveux l’année dernière, mais ça s’est dissipé une fois que je suis arrivé à l’école.»
Vous pouvez envisager de visiter l’établissement scolaire avant la rentrée si celui-ci l’autorise. Les écoles ouvrent souvent leurs portes quelques jours à l’avance, le temps que les enseignants et le personnel commencent à préparer les cours. Essayez de visiter l’établissement scolaire, repérer la salle de classe de votre enfant et rencontrer certains membres du personnel. En passant quelques minutes à l’école, l’enfant peut se faire une idée de ce à quoi ressemblera son premier jour. Pour les élèves plus âgés, vous pouvez vous procurer l’horaire et repérer la salle où se déroulera chaque cours. -
Consultez le site Web de l’école et lisez ensemble ces informations. Lisez le règlement intérieur de l’école avec votre enfant et discutez des attentes et des autres consignes scolaires. -
Entraînez-vous ensemble à vous rendre à pied à l’école ou à l’arrêt d'autobus. Entrez en contact avec un autre enfant du quartier et marchez ensemble jusqu’à l’école ou jouez dans la cour afin de vous familiariser à nouveau avec ce parcours. -
Mettez en place dès maintenant les horaires et les routines scolaires. Encouragez une routine de coucher plus précoce et mettez l’accent sur le fait de se lever plus tôt le matin. Un moment de lecture au calme et la recherche d’espaces d’étude tranquilles peuvent également être importants, car cette routine permet de prendre l’habitude de consacrer du temps à la lecture et aux révisions. Fixez des limites de temps pour l’utilisation des appareils électroniques. -
Dressez une liste des fournitures scolaires dont ils pourraient avoir besoin et, si possible, emmenez vos enfants avec vous pour qu’ils choisissent ce qu’ils souhaitent. S'ils apprécient ce qu'ils ont choisi, ils peuvent ressentir un certain enthousiasme pour l'école en général. -
Affichez un calendrier à un endroit bien en vue dans votre maison et commencez à y noter les dates et événements importants. Vous aiderez ainsi votre enfant à apprendre à gérer son agenda. -
Faites une révision avec vos enfants pour passer en revue les connaissances et le matériel pédagogique de l’année précédente, et identifiez d’éventuelles lacunes. Aidez-les à repérer les ressources pédagogiques supplémentaires à leur disposition, telles que les conseillers d’orientation, les tuteurs ou les centres d’aide aux élèves. Encouragez votre enfant à demander de l’aide s’il se retrouve « bloqué », c’est-à-dire à s’adresser à ses parents, à son enseignant ou même à d’autres enfants.
Si votre enfant ressent une certaine anxiété liée à l’école, les conseils ci-dessus peuvent vous aider à apaiser certaines de ses craintes. Vous poserez ainsi les bases qui lui permettront de développer son courage et sa confiance en lui, et vous lui donnerez des outils utiles tout au long de sa vie pour s’adapter à de nouvelles situations.
Conseils pour les élèves :
La rentrée scolaire est un moment passionnant, mais elle s’accompagne souvent des inquiétudes et du trac liés au premier jour de classe.
Accordez-vous le temps de ressentir de la nervosité. Il est normal d’éprouver une certaine crainte ou inquiétude face à l’inconnu. L’inconnu peut faire peur et notre cerveau est programmé pour nous protéger des dangers potentiels. Ce mécanisme de protection peut influencer nos pensées, notre humeur et nos comportements. Se préparer à affronter d’éventuels défis et revers est la première étape pour relever le défi. Le changement fait peur, mais c’est aussi l’occasion de se dépasser et de grandir.
Les conseils suivants vous aideront à prendre une longueur d’avance en développant des compétences et de nouvelles connaissances pour gérer ces peurs et ces inquiétudes.
Faire face à nos émotions
Sachez qu’il est normal d’éprouver des sentiments et accordez-vous le temps de ressentir et d’exprimer ces émotions d’une manière qui vous soit utile ou qui vous mette à l’aise. Vous pouvez par exemple tenir un journal intime ou exprimer vos émotions à travers l’art, le sport ou d’autres activités qui vous aident à vous sentir en sécurité.
Ne vous laissez pas envahir par les scénarios catastrophes, en essayant de prédire l’avenir et de prévoir toutes les situations possibles. Il est facile de se laisser absorber par nos plans et de devenir obsédé par la manière dont nous allons gérer les situations difficiles. Cette attitude peut alimenter le stress et l’inquiétude, et aggraver la situation. Ayez confiance dans les plans mis en place par votre établissement et demandez de l’aide si vous en avez besoin.
Faites preuve de courage malgré vos inquiétudes ou vos craintes pour l’avenir. Il est normal d’éprouver de la peur face à l’inconnu. Faire preuve de courage, c’est décider de ne pas laisser la peur contrôler vos actions et vous empêcher de prendre des risques dans la vie. Il s'agit d'utiliser vos connaissances et vos ressources pour surmonter vos peurs et élaborer des projets afin de continuer à aller de l’avant malgré les moments difficiles.
Personne ne peut prédire l’avenir ni contrôler toutes les situations, mais vous pouvez contrôler la manière dont vous réagissez et agissez. Les pensées négatives ou angoissantes sont normales. Reconnaissez ces sentiments sans vous en vouloir et saisissez l’occasion de les transformer en pensées positives ou en opportunités. Les périodes difficiles sont des occasions de tisser des liens étroits avec vos amis ou votre famille, et vous dire « J’ai peur, mais je vais m’en sortir » sont autant d’exemples permettant de changer notre façon d’appréhender les situations.
Mesures que vous pouvez prendre
Parlez à des personnes avec lesquelles vous vous sentez à l’aise et en qui vous avez confiance. Il est très important d’avoir quelqu’un avec qui partager vos sentiments et vos inquiétudes, sans honte ni reproche. Il peut s’agir d’amis, d’enseignants, d’entraîneurs ou d’un conseiller d’orientation. L’établissement scolaire dispose peut-être de ressources ou de soutiens supplémentaires pour aider les élèves à s’adapter aux nouvelles pratiques et aux changements.
S’adapter à l’incertitude quant à l’avenir exige de la souplesse et une ouverture d’esprit. N’oubliez pas que le changement est inévitable et que vous êtes toujours capable de relever le défi et de réussir.
Prenez le temps de vous préparer aux changements auxquels vous serez confronté cette année. Sachez ce que l’on attendra de vous, mais aussi ce que vous pouvez attendre des autres. Si tout le monde est préparé et sur la même longueur d’onde, la sécurité de chacun est préservée et le stress est réduit.
Si vous constatez que vous-même ou d’autres personnes êtes à cran, en colère ou irritables, n'y voyez pas quelque chose de personnel. Profitez-en pour en discuter, présenter vos excuses et vous pardonner mutuellement ces réactions émotionnelles ou négatives. Nous apprenons tous au fur et à mesure.
Il est normal de ressentir de l’inquiétude ou de la peur à l’approche de la nouvelle année scolaire, mais il est utile d’aborder cette période avec un plan et un esprit ouvert. Que vous retourniez en classe, que vous suiviez les cours à la maison ou que vous optiez pour une formule mixte, cette expérience sera nouvelle et différente.
Prenez le temps de prendre soin de vous et restez à l’écoute de vos sentiments. Appuyez-vous sur votre entourage lorsque vous en avez besoin, respectez une routine et maintenez de saines habitudes de sommeil, d’alimentation et d’activité physique pour vous sentir bien.
Conseils pour aider d’autres élèves
Prenez le temps d’aller vers les autres et faites preuve de sensibilité à l’égard de leurs expériences et de leurs sentiments. Utilisez les cinq règles d’or de jack.org pour vous aider à mener une conversation délicate avec une personne qui, selon vous, pourrait traverser une période difficile.
Dites ce que vous observez : décrivez les changements que vous avez remarqués dans son comportement sans porter de jugement ni faire de suppositions. Tenez-vous-en aux faits. « Tu n’es pas venu en cours ces deux derniers jours. Tout va bien? »
Soyez présent pour les autres et montrez-lui que vous vous souciez d’eux. Vous n’avez pas toujours besoin d’avoir la réponse ou la réplique parfaite. Parfois, le simple fait de savoir que quelqu’un est là et prêt à écouter peut suffire.
Écoutez-le et faites preuve d'une bonne capacité attentionnelle. Trouvez un bon équilibre entre poser des questions pour comprendre leur point de vue et écouter leurs sentiments et leurs réponses.
Sachez que votre rôle consiste à écouter et à fixer des limites pour protéger votre propre santé mentale ainsi que votre relation. Vous n’avez pas à jouer le rôle de thérapeute ni à régler sa situation, mais vous pouvez l’encourager à s’adresser à un professionnel.
Orientez-le vers des ressources susceptibles de l’aider à poursuivre son processus de guérison. Vous ne pouvez pas forcer quelqu’un à aller chercher de l’aide, mais vous pouvez lui fournir des informations sur les lieux où il peut se rendre et sur ce à quoi il peut s’attendre s'il se fait aider.
Pour plus de détails et d'exemples vidéo, rendez-vous sur https://etrela.org/Dis-ce-que-tu-vois


